John Armstrong
&
Paul Collins

Three-minute excerpt from Four Sisters (2008)
Quatre Soeurs (2008)
digital video projection
projection vidéo digitale

John Armstrong and Paul Collins’s Four Sisters (2008) is as old as cinema itself. As cameras were initially placed on fixed tripods, the very first camera movements were the result of mounting a camera on a moving vehicle. Walter Benjamin makes the correlation between the parallel invention of cinema and motorized travel. And be it from the point of view of the objective or the subjective camera shot, locomotion was the primary subject of cinema. Four Sisters is also the very film that we all imagined making while still children, when the boredom of a car trip would be punctuated by the rhythms and patterns created by the passing poles, wires, advertisements and trees.

Four Sisters is a silent, 77-minute video sequence shot on Toronto's waterfront Gardiner Expressway during a late afternoon rush-hour commute from east to west and back again (and then back again). The video looks inland, towards the city centre before turning to look out, towards and across the lake. A band of text runs through the video, recounting 23 anecdotes in English or French.

These incidental narratives look at life in Toronto and Paris, public signage, travel, coincidence and minor revelatory moments in the lives of both artists. These texts have been interpreted as being the sorts of anecdotes that one might tell on a car trip, such as the one we are viewing. The stories recount remembered moments from childhood or the workplace; the illness and subsequent death of a parent, or of a pet; humorous travel tales and wry social commentary.

— By early winter, once the leaves fell off the lilac bush in front of the kitchen window, I was able to see the coal-fired Lakeview Generating Station’s four towering stacks. While having my breakfast, I could observe the smoke from the stacks and get a sense of the day’s weather. On a particularly cold day, the smoke from the stacks would stream straight upwards to a great height. On most days, the smoke would billow off to the east at various angles and speeds. We lived a couple of miles north of Lakeview at the junction of two corridors of high-tension electrical towers that originated at the station. Even when we couldn’t see Lakeview’s stacks, affectionately known as the Four Sisters, we could always hear the hum of power lines.

The video presents viewers with the decision either to read the slowly unfolding crawl of stories or to follow a road-trip sequence of changing urban landscape. There is a measure of tension between the two streams of content: the text flows to the left while the landscape travels to the right.

Four Sisters is a silent picture and is intended to be viewed in that way: its internal narrative voice, through the act of reading, supplyies imagined sound. However, in the tradition of silent cinema, the artists have on occasion performed a live musical accompaniment to the video.

Four Sisters was commissioned by Toronto Scotiabank Nuit Blanche 2008 by curator Gordon Hatt. The master tape is in 1080i/59.94 HDCAM format.  

Four Sisters (Quatre Soeurs) de John Armstrong et Paul Collins est un film vieux comme le cinema. Celui où les premières cameras étaient posées sur des trépieds immobiles, et où les tous premiers mouvements de camera étaient réalisés en montant sur un véhicule. Walter Benjamin note la corrélation entre l'invention du cinéma et celle du déplacement motorisé. Que ce soit du point de vue de la camera objective ou subjective, le sujet premier du cinema est la locomotion.

Four Sisters est aussi le film que nous avons tous imaginé, encore enfant, quand l'ennui d'un voyage en voiture était ponctué par le rythme et les motifs crées par le passage des cables électriques, des poteaux, des arbres et des publicités.

Four Sisters est une séquence vidéo muette de 77 minutes, filmée sur la Gardiner Expressway, la rocade qui borde le Lac Ontario, à Toronto. Nous allons d'est en ouest, puis d'ouest en est, un aller-retour, puis encore un aller. La camera est pointée vers le nord, vers le centre ville, avant de tourner vers le sud et le lac. Une bande de texte défile sur l'image, racontant 23 anecdotes en anglais et parfois en français. Ces histoires banales parlent de la vie à Toronto et à Paris, des voyages, des coïncidences, de moments d'épiphanies mineures dans les vies des deux artistes. Ces textes peuvent être interprétés comme le genre d'anecdotes qu'on raconterait lors d'un voyage en voiture tel que celui qu'on regarde. Elles renvoient tantôt au monde de l'enfance, tantôt à celui du travail; il peut s'agir aussi de parler de la maladie et de la mort d'un parent, ou d'un animal domestique; cela va d'histoires drôles arrivées pendant les vacances jusqu'à des commentaires railleurs sur la société.   

J’ai acheté la Supra de Geneviève, la fille de Jim. La voiture avait appartenu au père de Jim qui l’avait acheté neuve vingt ans auparavant. À la mort du grand-père, Jim en a hérité et l’a cédé à sa fille. Avant de l’acheter, je suis allé l’essayer avec Geneviève. C’était une belle journée chaude et ensoleillée de printemps et nous avons pris la route qui menait au sommet de la montagne de Hamilton. La Supra se conduisait bien mais plusieurs dispositifs ne fonctionnaient plus. Par exemple, il y avait une petite fuite dans le système de climatisation. Geneviève m’a expliqué qu’elle devait remettre du réfrigérant chaque printemps et qu’elle utilisait l’air climatisé le moins possible pendant l’été. Elle n’en avait pas vraiment besoin sur la route et le réservait pour les journées très chaudes. Elle faisait alors démarrer le moteur, mettait l’air climatisé en marche et restait assise dans la voiture sans sortir de l’allée.

Four Sisters est une commande de la ScotiaBank Nuit Blanche 2008 à Toronto.